Edouard Philippe - François Bayrou. 1eres tensions dans le gouvernement

Mais il se trouve que quand on est ministre on n'est plus simplement un homme animé par ses passions, sa mauvaise humeur ou son indignation.

Le ministre de la Justice compte continuer de s'exprimer en tant que "citoyen", comme quand il a retweeté un communiqué de Marielle de Sarnez, son bras droit depuis des années, membre elle aussi au gouvernement.

Celle-ci aurait cumulé, dès 2010, sa fonction avec celle d'assistante parlementaire de la député européenne et actuelle ministre chargée des Affaires européennes, Marielle de Sarnez. C'est la raison pour laquelle j'ai indiqué à l'ensemble de mes ministres, qu'il fallait systématiquement penser à cette question de l'exemplarité, a poursuivi Edouard Philippe. Mais François Bayrou ne l'entend pas de cette oreille.

Le directeur des enquêtes et de l'investigation de Radio France, Jacques Monin, a dénoncé une "pression" et Dominique Pradalié, la secrétaire nationale du SNJ, premier syndicat chez les journalistes, a évoqué une "petite affaire d'Etat".

Mais François Bayrou ne semble pas, contrairement à ce qu'a dit Edouard Philippe, "avoir conscience" du problème puisque quelques heures plus tard, il a montré qu'il ne regrettait en rien son attitude et que si c'était à refaire, il le referait. Le journaliste a répliqué que le ministre aurait parlé d'une possibilité de qualification de harcèlement avec ses avocats. Vendredi dernier, une enquête préliminaire a d'ailleurs été ouverte par le parquet de Paris.

Les relations du gouvernement avec la presse ne sont pas simples.

Pour le ministre, l'enquête arrivait comme un cheveu sur la soupe, à quelques jours du premier tour des législatives. "Nous n'avons par porté plainte contre "Libération". En revanche, il n'est pas acceptable que, pour perturber une discussion, peut-être même pour faire en sorte qu'elle ne puisse pas aboutir, on balance dans la nature des documents qui ne sont pas des documents qui ont été validés par la ministre", a-t-il plaidé. Ce matin encore, quelques minutes avant l'interview d'Edouard Philippe, il s'exprimait sur le sujet pour CNEWS, en arguant qu'il était un fervent "défenseur de la liberté de la presse ", mais aussi de "la liberté de critique de la presse ". On le dit simplement, on le dit sans aucune pression, mais on le dit.

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