La riposte de Donald Trump — Ingérence russe

Donald Trump est passé personellement à la contre-offensive vendredi, accusant à son tour de "mensonges" l'ex-directeur du FBI James Comey, qui a révélé au Sénat la veille les pressions du président américain dans l'enquête sur la Russie. Il a précisé que le président n'a pas tenté d'arrêter la totalité de l'enquête mais uniquement la partie relative à Michael Flynn, son ancien conseiller à la sécurité qui a démissionné en février après avoir évoqué les sanctions contre Moscou avec l'ambassadeur russe à Washington, Serguei Kisliak, alors qu'il n'occupait aucune fonction officielle.

M. Comey a été limogé le 9 mai.

Le dirigeant, à l'occasion d'une conférence de presse avec le président roumain Klaus Iohannis, a promis de dire "dans un avenir très proche" s'il détenait des enregistrements de ses conversations privées avec James Comey, comme il l'avait un temps insinué, mais il a prévenu: "vous serez très déçu quand vous entendrez la réponse".

" J'espère que vous pourrez passer à autre chose, laisser tomber Flynn. C'est un bon gars".

James Comey a relaté devant un comité sénatorial, jeudi, la teneur de plusieurs échanges privés qu'il a eus avec le président Trump. "Je ne pense pas que ce soit à moi de dire si la conversation que j'ai eue avec le président était une tentative d'obstruction", a-t-il prudemment indiqué durant son audition. "Il est le président des États-Unis, seul avec moi, il dit qu'il espère ceci, je l'ai interprété comme une demande de sa part".

Un peu plus tard, il a encore confirmé qu'il avait bien été viré à cause de son enquête sur les Russes.

L'ex-directeur du FBI James Comey a ensuite dit que ce n'était pas son rôle de dire si Trump a fait entrave à la justice. En sept minutes, il est d'abord revenu sur les conditions brutales de son limogeage en mai dernier.

"Il a par ailleurs accusé l'administration Trump de l'avoir diffamé ainsi que le FBI, en affirmant que l'agence était en déroute, qu'elle était mal gérée et que ses employés avaient perdu confiance dans leur directeur". "Ce sont des mensonges purs et simples". Avant d'ajouter: "Le FBI est honnête. Le FBI est fort, et le FBI est et sera toujours indépendant".

Celui qui a été limogé par le nouveau président américain n'a pas du tout été tendre avec lui.

Lors de son audition, James Comey a déclaré qu'il s'était senti obligé de se protéger en consignant par écrit chaque rencontre individuelle avec Donald Trump.

"Je craignais honnêtement qu'il ne mente sur la nature de nos rencontres", a-t-il expliqué devant les sénateurs, rappelant qu'il ne le faisait pas sous George W. Bush ou Barack Obama. Mais cette fois, il en a ressenti le besoin, car il ne pouvait pas enregistrer les conversations. "Quand j'ai été nommé directeur du FBI en 2013, j'ai bien compris que je servais le président".

À l'interrogation "est-ce que vous avez des doutes selon lesquelles les Russes seraient derrière les attaques cybernétiques?", il a répondu du tac au tac: "Non".

Et dans leur dernier échange, le 11 avril, Trump aurait déclaré au patron du FBI: "J'ai été très loyal envers vous, très loyal; nous avions cette chose que vous savez". Les républicains pourraient aussi "vouloir prendre leurs distances avec Trump et démarrer une procédure de destitution, mais je ne crois pas qu'ils en aient envie" pour l'instant, estime-t-il. Difficile à déterminer. Sauf, s'il y a des enregistrements, comme l'a suggéré Donald Trump dans un tweet menaçant il y a quelques semaines.

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