May, sans majorité absolue, veut un gouvernement pour réussir le Brexit

"Ce gouvernement guidera notre pays dans les discussions cruciales sur le Brexit qui commenceront dans dix jours et répondra au souhait des Britanniques en menant à bien la sortie de l'Union européenne (UE)", a-t-elle assuré.

La Première ministre a reçu un appel du président français Emmanuel Macron, qui l'a félicitée, et l'a invitée "à une visite en France à la première opportunité". "Alors mettons-nous au travail", a-t-elle déclaré. Dans un tweet publié en début de matinée, le négociateur en chef de l'UE sur le Brexit, le Français Michel Barnier, a prôné la sérénité: "Les négociations sur le Brexit devraient débuter quand le Royaume-Uni sera prêt; le calendrier et les positions de l'UE sont claires". Résultat: le parti conservateur reste certes en tête, mais perd sa majorité absolue et va devoir faire alliance avec les unionistes nord-irlandais; le parti europhobe Ukip s'effondre et perd son unique siège. Mais " elle a perdu des sièges conservateurs, perdu des voix, perdu le soutien et la confiance.

La PM britannique ne va donc pas démissionner en dépit de la perte de la majorité absolue à la suite des législatives anticipées qu'elle-même, a convoquées dans l'optique de consolider sa majorité.

"La Première ministre (Theresa May) a parlé ce (samedi) soir avec le DUP pour discuter de la finalisation d'un accord lorsque le Parlement reprendra ses travaux la semaine prochaine", a détaillé dans un communiqué un porte-parole de Downing Street.

La livre sterling, a immédiatement chuté à l'annonce des projections à 21H00 GMT, tant face à l'euro que face au dollar, et restait très affaiblie vendredi.

A Paris, le Premier ministre Edouard Philippe a jugé que ces résultats étaient "une forme de surprise" mais qu'ils ne remettaient pas "en cause" la procédure de divorce de la Grande-Bretagne d'avec l'UE.

Enfin, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a lui aussi appelé à faire "le maximum pour éviter" une absence d'accord tandis que le président de la Commission européenne Jean-Claude Junker a mis en garde contre tout "retard supplémentaire" dans les négociations, assurant que la Commission était prête. "Unisson nos efforts pour conclure un accord", a-t-il également ajouté sur Twitter.

Mike Finn, de l'université de Warwick, pense, quant à lui, que le Royaume-Uni s'expose à "une période de coalition ou à de nouvelles élections". Mais l'affaiblissement de Theresa May et le bon résultat des travaillistes de Jeremy Corbyn pourraient aussi favoriser une approche plus conciliante vis-à-vis de Bruxelles, un Brexit moins "dur".

L'onde de choc des législatives a également touché l'Ecosse, où les indépendantistes du SNP essuient de lourdes pertes, à 35 sièges contre 56 en 2015.

La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a elle appelé Theresa May à "abandonner" son projet de Brexit "dur" après son échec aux élections.

"Si elle avait une once d'amour-propre, elle démissionnerait", a renchéri Tim Farron, le chef des Libéraux-Démocrates. Seul parti résolument europhile, les "Lib Dems" gagnent quatre sièges à douze mandats et ont prévenu qu'il n'y aurait "pas de coalition".

Pour Angus en revanche, c'est "un bazar complet". "Les électeurs n'aiment pas qu'on prenne leur vote pour acquis".

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