Nouvelles révélations sur sa proximité avec Emmanuel Macron — Alexandre Benalla

Au fond, on retrouve dans les mots d'Alexandre Benalla le même ton bravache et provocateur que celui employé par le chef de l'État lors de son discours, mardi soir, devant les députés de LaREM.

"Il s'est passé quelque chose de tout à fait sérieux qui a donné lieu à une réponse immédiate et proportionnée (.) Il y a eu un emballement par voie de presse", a-t-il détaillé devant la presse à l'issue d'un entretien avec le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez.

L'absence de sanction disciplinaire réelle prise à son encontre est assimilable à une immunité de fait, dont ne jouit plus Alexandre Benalla, désormais seul.

On a le droit de n'être pas dupe de la fausse habileté d'Emmanuel Macron qui l'a conduit tardivement et sans risque, devant une assemblée de fidèles, à revendiquer toute la responsabilité en proférant, sûr de soi, "qu'on vienne le chercher". Alors que le projet de loi censé lutter contre les "campagnes de désinformation" dans le but de "protéger la vie démocratique" est toujours examiné par les parlementaires, le président de la République s'est ainsi laissé aller à propager lui-même des informations fausses, pour ne pas dire délirantes, afin de discréditer le travail des médias. Il me dit: "C'est une faute grave, ça va être compliqué et il faut assumer".

Le président, qui n'est pas responsable devant le Parlement, ne peut être contraint à être auditionné. Mais s'il y a eu " trahison", pourquoi s'être contenté d'infliger à ce conseiller, apprécié mais connu pour sa propension à faire le coup de poing, une suspension de quinze jours, (normalement rémunérée, a-t-on appris mercredi), avant de le réintégrer dans ses fonctions comme si de rien n'était? Barbe rasée, entourée de conseillers, le collaborateur d'Emmanuel Macron s'est entretenu mercredi avec trois journalistes "au domicile de Marc Francelet, un ancien journaliste reconverti dans les affaires qui se présente aujourd'hui comme 'communicant'".

Le directeur d'une entreprise de fournitures, dont la présidence de la République est un client régulier depuis la présidence Hollande, le raconte à L'Express: son commercial se souvient avoir été reçu une fois par Alexandre Benalla en personne, au printemps 2018, "sous les ors du palais". C'est Laurent Simonin, chef d'état-major à la Préfecture de police, qui invite Benalla à venir sur les lieux qui le rendront tristement célèbre. Il me dit 'c'est très bien, c'est une bonne expérience'. Dans les deux cas la démocratie est en danger.

Les révélations selon lesquelles les hauts responsables du bureau de Macron étaient au courant de l'incident de Benalla, mais ne l'ont pas dénoncé aux procureurs, ont provoqué une tentative de camouflage, déclenchant la plus grande crise politique depuis l'arrivée de Macron il y a un an. Et de laisser de côté mes fonctions à l'Elysée. Il reconnaît une faute politique mais pas une faute morale. Il évoque " des gens qui travaillent autour " du ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb. "Qu'est-ce que tu fais là?". "Selon Alexandre Benalla, interrogé par Le Monde, sa tâche consiste à "(s') occuper des affaires privées du président de la République".

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