Erdogan et Trump mettent la pression sur Ryad — Khashoggi

Les autorités turques l'affirment: Jamal Khashoggi - figure du journalisme saoudien et très critique envers Riyad -, disparu depuis le 2 octobre, aurait été victime d'un guet-apens au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul. L'ambassadeur saoudien a été convoqué par les autorités turques.M. Khashoggi s'est rendu au consulat saoudien pour pouvoir obtenir un document en vue de son mariage avec sa fiancée turque. "Au vu des informations classifiées auxquelles il a eu accès, " tout indique " que le journaliste a bien été assassiné dans le consulat". "On peut écouter comment il a été interrogé, torturé et ensuite assassiné", affirme un des interlocuteurs du quotidien.

Au cours de l'année écoulée, il a écrit une série d'articles publiés par le Washington Post, dans lesquels il dénonçait l'attitude de Riyad à l'égard du Qatar et s'indignait de la guerre au Yémen, de la répression politique ou de la censure.

"La police estime dans ses premières conclusions que le journaliste a été tué au consulat par une équipe venue spécialement à Istanbul et repartie dans la même journée", a déclaré une source proche du gouvernement turc. Le mystère de la disparition du trublion journaliste ne fait que s'épaissir. Voilà pourquoi l'affaire J. Khashoggi est grosse d'une crise diplomatique sans précédent. Une voix " que le prince héritier saoudien devrait écouter", ajoute-t-il.

Pour cette raison, a-t-elle ajouté, il est entré au consulat d'Arabie saoudite, son pays d'origine, sans jamais douter qu'il ne serait pas en sécurité chez lui.

Selon lui, les Saoudiens "dépensent 110 milliards de dollars en équipements militaires et sur des choses qui créent des emplois" aux États-Unis.

La Maison-Blanche a fait savoir que le secrétaire d'État Mike Pompeo, le conseiller à la sécurité nationale John Bolton et le conseiller et gendre de Donald Trump, Jared Kushner, s'étaient tous trois entretenus au téléphone avec le prince hériter saoudien Mohamed ben Salmane. Mais ne le voyant pas sortir, elle aurait averti les autorités turques, comme il le lui avait préconisé auparavant. Quinze agents de Riyad seraient ainsi arrivés sur deux vols charters différents ce mardi 2 octobre, jour de la disparition de Jamal Khashoggi. ", a dit le ministre". Paris "suit la situation avec la plus grande attention", souligne-t-on au ministère français des Affaires étrangères, sans autre commentaire.

Depuis l'entrée du rédacteur dans le consulat d'Arabie saoudite à Istanbul, nul n'a retrouvé sa trace. Lors d'une interview accordée vendredi à l'agence Bloomberg, le prince a déclaré: "D'après ce que j'ai compris, il est entré et est ressorti après quelques minutes ou une heure".

La Bourse de Ryad a fortement dévissé dimanche, enregistrant sa plus grave dégringolade en trois ans, les investisseurs saoudiens réagissant principalement aux propos de M. Trump. "Il semble donc que cette preuve existe, elle sera probablement publiée en temps voulu", a déclaré Aaron Blake, journaliste au Washington Post.

La réaction de Paris continuait d'être la plus réservée et le Quai d'Orsay affirmait encore jeudi que la France attendait "que toute la lumière soit faite" sur cette affaire. Et sans parler des multiples " disparitions " au sein même du royaume... Et si la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde a confirmé son intention d'y participer, elle s'est dite "horrifiée" par l'affaire Khashoggi.

Édition: