Ronaldinho soutient le candidat d'extrême droite — Brésil

Le président chilien Sebastian Piñera a loué aujourd'hui à Madrid le programme économique du favori de l'élection présidentielle au Brésil Jaïr Bolsonaro, ajoutant cependant que le candidat d'extrême droite générait une "grande incertitude".

À l'occasion, la candidate écologiste Marina Silva, l'avait accusé d'avoir "eu la trouille" de se confronter à ses adversaires. Une nette victoire assortie d'un raz-de-marée au Congrès, sa formation, le Parti social libéral, auparavant insignifiante, ayant vu son nombre de députés multiplié par six à l'issue de l'élection législative, qui a également eu lieu dimanche.

Mais avant même d'avoir ces données en tête, dimanche soir Jair Bolsonaro a évoqué des "problèmes avec les urnes électroniques", dans une vidéo sur Facebook.

Un bruit évocateur des concerts sonores qui avaient accompagné la chute fracassante en 2016 de la présidente de gauche Dilma Rousseff, dauphine de Lula, finalement destituée pour maquillage des comptes publics. Au second tour, il sera opposé à Fernando Haddad, candidat du Parti des Travailleurs (PT) qui a lancé sa candidature sur le tard, après l'annulation de celle de l'ancien président Lula.

Le duel qui se profile pour le 2e tour sera le résultat d'une attraction des électeurs vers les extrêmes, concomitante à l'effondrement du centre, notamment le grand parti PSDB de Geraldo Alckmin.

"Pour un Brésil meilleur, je désire la paix, la sécurité et quelqu'un qui nous redonne de la joie". Sa carrière, exempte d'accusations de corruption, a aussi joué en sa faveur. "C'est incroyable que le Parti des travailleurs (PT) ait réussi à obtenir autant de voix, avec tout ce qui s'est passé au Brésil ", déplore Amilton junior, un professeur de 36 ans. Il se fait moins remarquer par son travail parlementaire que par ses commentaires réactionnaires, machistes et homophobes.

Certains espèrent que le débat télévisé qui opposera les deux candidats encore en lice mettra cette vacuité politique et intellectuelle en évidence. Chose qui sous-entend que le coup de couteau que lui a porté un déséquilibré lors de son meeting de campagne, en date du 6 septembre, a certainement fini par lui bâtir un mythe. "Haddad tente le front républicain À gauche, c'est la douche froide".

Même s'il est parvenu à redessiner le paysage parlementaire, l'ancien parachutiste de l'armée a l'intention de pourfendre le système traditionnel composé d'une myriade de partis, qui rend le Brésil si difficile à gouverner. "Il n'a pas d'équipe, pas de projet", avait averti en votant M. Haddad". Dans un pays de 208 millions de Brésiliens où le crime a atteint l'an dernier le record de 63 880 morts, soit une moyenne de sept morts par heure, le candidat de l'extrême-droite promet d'assouplir la législation sur le contrôle des armes à feu et de permettre les exécutions extra-judiciaires. A ses côtés, pas de militants ni de membres du " clan Bolsonaro", mais seulement son gourou Paulo Guedes.

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