Vaudeville en sept actes — Démission de Collomb

A l'image de la démission fracassante de Gérard Collomb, mardi 2, qui a bousculé ce président se voulant maître des horloges mais désormais contraint d'agir sous la pression. "Quand les quartiers se paupérisent, se ghettoïsent, il ne peut y avoir que des difficultés", a-t-il mis en garde. Mais au sein de l'opposition et même de son ministère, de nombreuses voix s'étaient élevées pour réclamer son départ. "Aujourd'hui il est ministre d'État, ministre de l'Intérieur en charge de missions redoutablement complexes et importantes et il se consacre entièrement à sa tache", lance le Premier ministre sur France Inter.

C'est "l'affaire de quelques jours", a précisé le porte-parole du gouvernement Benjamin.

L'exécutif défend Gérard Collomb face à ces attaques.

Emmanuel Macron a entamé ses consultations.

D'autant que le profil idéal pour la fonction prestigieuse de ministre de l'Intérieur, assumée en leur temps par Léon Gambetta et Georges Clémenceau, relève de l'équation magique. Autre désaccord: les reproches faits au ministre de l'Intérieur à propos de l'affaire Benalla, quand il a très visiblement décliné le rôle de fusible du président. L'ex-ministre de l'Intérieur a patienté une dizaine de minutes, seul sur le perron du ministère, à attendre son successeur par intérim.

M. Collomb a confié au quotidien qu'il ne souhaitait pas que Beauvau soit déstabilisé par une décision politique qui le concernait.

Quel profil aura la préférence d'Emmanuel Macron et Edouard Philippe?

Le gouvernement et la République en marche pensent que le départ de Gérard Collomb est insignifiant, que c'est un epiphénomène [VIDEO], un non événement politique.

C'est, en réalité, et il ne l'a jamais oublié, que Gérard Collomb a longtemps souffert du peu de considération dans laquelle il était tenu, depuis 1981, par les dirigeants socialistes. "Je prendrai mes responsabilités et j'aurai l'occasion de faire au président les propositions que les dispositions constitutionnelles prévoient et réservent au premier ministre". D'ailleurs, il va finir par ne plus me supporter.

La démission de Gérard Collomb, pourtant soutien de la première heure d'Emmanuel Macron et ministre d'Etat, a clos un feuilleton de deux semaines de spéculations qui s'est ouvert avec sa déclaration de candidature aux municipales de Lyon, annoncée le 18 septembre dans L'Express. Il doit aussi être une personnalité politique reconnue, capable de défendre publiquement des choix sensibles, comme la politique migratoire. Fragilisé par les attaques, il avait présenté lundi sa démission refusée par le président de la République.

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