Le vote de "non" à l'indépendance remporte — Nouvelle-Calédonie

Hier, à Nouméa, la mobilisation reste d'actualité.

Dans une déclaration pesée, insistant sur le destin commun des Calédoniens et la paix civile, le chef de l'Etat a tendu la main aux indépendantistes, disant mesurer leur déception.

Les électeurs se sont rendus massivement aux 284 bureaux de vote et ont enregistré un taux de participation s'élevant à 75%. Quelques incidents ont été signalés en fin de soirée, mais le scrutin s'est dans l'ensemble déroulé dans le calme.

Selon les premiers résultats officiels, le non à l'indépendance est en tête avec 59,5 % des bulletins dépouillés. "Les gens sont plutôt confiants, mobilisés pour le oui, même si certains appellent à boycotter". A l'issue de ces élections, si un tiers des membres du congrès le demande, un deuxième référendum sera organisé dans les dix-huit mois. Sur l'ensemble d'Ouvéa, les suffrages exprimés lui ont donné raison, avec 84,18 % en faveur de l'indépendance, et seulement 15,82 % pour le non. Néanmoins, dans ces îles, la participation plus faible (58,9 %) montre qu'une partie de la population mélanésienne, bien que se revendiquant indépendantiste, n'a pas nécessairement voté pour l'indépendance. Malgré la défaite, Louis Mapou, du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), s'est félicité des 43,6 % de votants favorables à l'indépendance des Kanaks, un peuple longtemps discriminé. Les sondages prédisaient déjà que le non l'emporte, avec une assez large majorité. Georges Lemoine est oublié depuis longtemps, mais la philosophie de largage qui avait amené à soumettre aux Calédoniens ce premier référendum est plus que jamais à l'œuvre. Ce qui est sûr, c'est que l'accord de Nouméa reconnaît une citoyenneté calédonienne.

En outre, pour lui, il faut maintenant que le dialogue s'instaure entre les politiques français et calédoniens. Ils mettent en avant la protection de la France et ses 1,3 milliard d'euros d'aides annuelles, et espèrent que ce premier référendum sera aussi le dernier alors que l'accord de Nouméa prévoit la possibilité de deux autres consultations dans les quatre ans.

Alors que la campagne n'avait guère suscité d'écho dans l'Hexagone, la plupart des partis métropolitains ont réagi dimanche à la victoire du non. Pour Aloisio Sako, président du Rassemblement démocratique océanien (RDO), les résultats montrent que les indépendantistes "se sont réveillés et qu'on est à deux doigts de la victoire".

Avec le gouvernement, nous avons tenu à la stricte neutralité de l'Etat dans cette consultation; et à la plus grande transparence de l'ensemble du processus électoral. Le vote des jeunes générations représente d'ailleurs une bonne surprise du scrutin. "Je n'en espérais pas tant, l'idée d'indépendance est en train de mûrir".

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