L'exécutif cherche la bretelle de sortie — Gilets Jaunes

Il y a eu, selon M. Castaner, 409 blessés, dont 14 graves. En début de matinée, aucune ville ou centre économique n'était entièrement bloqué mais les troupes de "gilets jaunes" s'étoffaient peu à peu, aux ronds-points, sorties d'autoroute, sur les parkings, etc. Certains manifestants avaient passé la nuit sur les barrages. "Quand nous devons mobiliser des milliers de personnes des forces de l'ordre, il y a des épuisés".

A Charleville-Mézières, vers 16H00, un automobiliste a percuté deux manifestants en forçant un barrage, a indiqué à l'AFP la préfecture des Ardennes.

Véronique Lestrade, qui a participé au blocage de la porte Maillot à Paris, a résumé l'état d'esprit général des "Gilets jaunes", un mouvement spontané qui a pris de court les politiques, les syndicats et le gouvernement. Le préfet a appelé les " manifestants et les automobilistes à faire preuve de vigilance, de prudence et de retenue.

Pour les Gilets jaunes, le baptême du feu, ce week-end, aura donc été plutôt réussi. On ne vit plus, on fait de la survie en ce moment.

Selon le tweet publié par l'agence de presse vidéo Line Press, les "gilets jaunes" ont essayé de bloquer les locaux de France 2.

Visiblement fébrile, le gouvernement a ces derniers jours multiplié caresses et menaces.

Le Premier ministre Édouard Philippe dit entendre le mécontentement mais il reste droit dans ses bottes. C'est le cas de François de Rugy sur Europe 1 s'est voulu alarmant: "Manifester sur la route, c'est encore plus dangereux (.) Il faut savoir revenir à la normale, parce que c'est un niveau de danger et de risque élevé pour ceux qui circulent sur la route". "Il y a eu des agressions, des bagarres, des coups de couteau", a détaillé le ministre Christophe Castaner.

" Il a tort, car cela exacerbe la colère ", a réagi Laurence Sailliet, porte-parole des Républicains, sur franceinfo: " Son intervention d'hier était l'apogée du mensonge et du mépris", a-t-elle ajouté en critiquant sa " totale déconnexion " d'avec les Français.

Ni Edouard Philippe, qui avait annoncé mercredi des mesures d'accompagnement aux ménages, ni Emmanuel Macron, dont la cote est au plus bas, ne se sont exprimés.

De l'extrême droite à l'extrême gauche, des élus parfois vêtus de gilets jaunes s'étaient rendus samedi auprès de manifestants, notamment le patron de LR Laurent Wauquiez au Puy-en-Velay et le leader de la France Insoumise Jean-Luc Mélenchon place de la Concorde. La popularité de M. Macron, sous les 30%, est la plus basse depuis son élection en 2017.

A Caen, les gendarmes sont intervenus dans l'après-midi pour disperser un millier de " gilets jaunes " sur un échangeur au sud de la ville.

" En matière de fiscalité écologique, nous poursuivrons la trajectoire prévue".

"Emmanuel Macron est en grande difficulté face à ce peuple central, ce Français moyen, qui n'a pas l'impression d'être aimé par Macron: il incarne une forme d'élite parisienne, sociale et intellectuelle", explique l'expert.

La hausse du prix de l'essence n'est ainsi qu'un "élément déclencheur", note Vincent Thibault.

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