Revivez les manifestations de l'acte 4 — Gilets jaunes

De son côté, Ségolène Royal, ancienne finaliste de la présidentielle de 2007, a fustigé dimanche des "décisions mal préparées" par le gouvernement ayant conduit, selon elle, à la crise des "gilets jaunes" en raison de leur impact sur le pouvoir d'achat.

Si la situation est restée relativement calme durant la première moitié de la journée, elle s'est ensuite tendue à Paris et dans plusieurs villes de province avec des affrontements et des pillages à la faveur de la nuit hivernale et de l'arrivée dans les cortèges des casseurs dénués de toute revendication.

A Paris, le défi sécuritaire était d'autant plus relevé que cette nouvelle mobilisation a coïncidé avec une "marche pour le climat", qui a réuni 17.000 personnes - selon le décompte de la préfecture - dans une atmosphère tranquille. Un mea culpa donc pour le chef de l'État qui sait qu'il devra apporter des réponses fortes aux gilets jaunes s'il veut éviter samedi prochain un acte V.

Plus de 106.000 manifestants en France (dont 8.000 à Paris) sont recensés, bilan réévalué une semaine plus tard à 166.000. " À toutes les forces de l'ordre mobilisées aujourd'hui, merci pour le courage et l'exceptionnel professionnalisme dont vous avez fait preuve ", a-t-il écrit.

Le maire LR Jean-Claude Gaudin vient d'annoncer par voie de communiqué le report du conseil municipal qui devait se tenir demain matin.

Quelque 31 000 "gilets jaunes" sont sortis dehors ce samedi.

La maire de Paris Anne Hidalgo (PS) a cependant déploré lors de cet acte IV samedi "des scènes de chaos" et des "dégâts incommensurables" pour l'économie et l'image de la ville. Ces derniers ont toutefois tous été déjà reçus par l'exécutif la semaine dernière: le premier ministre Édouard Philippe avait consacré sa journée de lundi à les recevoir tour à tour. Le chef du gouvernement "est conscient de la gravité de la situation", a déclaré un des membres de la délégation, Benjamin Cauchy.

La tension est assez vite montée samedi en fin de matinée aux abords des Champs-Elysées où les forces de l'ordre ont lancé les premiers gaz lacrymogènes contre des
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Politiquement, la balle est désormais dans le camp du Président de la République.

Le premier ministre Édouard Philippe avait pourtant affiché jeudi dernier son ouverture à des gestes supplémentaires en faveur des salaires au niveau du Smic, après la mobilisation des "gilets jaunes", à la condition qu'elles ne pénalisent pas "excessivement" la compétitivité des entreprises françaises. Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, dont la voix porte beaucoup depuis le début de la crise, est de nouveau au premier plan ce lundi, avec ses homologues Philippe Martinez (CGT), Yves Veyrier (CGT Force Ouvrière), François Hommeril (CFE-CGC), Philippe Louis (CFTC).

De nombreuses restrictions de la circulation automobile ont été décidées pour samedi, des dizaines de stations de métro fermées, de lignes d'autobus déviées, de stations de vélo en libre-service désactivées.

A Paris, des voitures ont brûlé, des boutiques ont été pillées, mais dans une proportion moindre que le samedi précédent et parfois sous les cris de réprobation de "gilets jaunes".

Ces évolutions "sont intervenues en même temps que des décisions concernant les plus riches", a-t-elle observé, pointant "un problème de gouvernance parce qu'on ne peut pas donner aux plus riches et reprendre aux plus modestes". " Les manifestants " dans la capitale ne semblaient pas impressionnés par les concessions du gouvernement, alors que les slogans de " Macron, démission " sonnaient". L'Arc de Triomphe, largement dégradé le week-end sera également fermé tout comme le Panthéon, la Conciergerie, la Sainte-Chapelle, les tours de Notre-Dame, la Chapelle expiatoire, le Palais Royal et la tour Eiffel.

Certains manifestants lui ont répondu qu'il ne souhaitaient pas condamner d'éventuelles violences.

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