Gouvernement et majorité se défendent — Interpellation d’Éric Drouet

Des faits pour lesquels il avait déjà été interpellé le 22 décembre dernier. Très vite, il avouera avoir eu dans l'idée d'organiser une manifestation "non déclarée " et donc illégale, afin de se faire arrêter.

"C'est du jamais vu".

Interrogé sur les critiques de l'opposition et à la question de savoir s'il y avait une "forme de police politique" en France, le Premier ministre Edouard Philippe a quant à lui répondu: "en aucune façon".

"On essaie de nous pousser". "On y est allé pour montrer qu'on ne pouvait pas circuler librement hors manifestation". On a été auditionnés au moins quatre ou cinq fois sur les mêmes sujets. Mais que des responsables politiques, hier candidats à la présidentielle, se laissent aller à évoquer une police politique, c'est proprement irresponsable. On était venu faire un hommage (...). "On en est très loin". Eric Drouet défend dans ses vidéos l'objectif que s'est fixé la délégation nationale des gilets jaunes et relaie parfois des thèses complotistes.

"Il ne faudrait pas que la référence à Eric Drouet envoie un mauvais signal, il faut préserver toute la diversité des +gilets jaunes+" et ne pas se focaliser sur une figure, s'inquiète dans la même veine François Cocq, un des orateurs nationaux de LFI, pourtant fervent partisan de la stratégie populiste.

Le gouvernement et la majorité ont, pour leur part, défendu l'arrestation du routier au nom de l'État de droit.

De nouveaux appels à manifester samedi sur "les places symboliques" à Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Martigues, Clermont-Ferrand, ou encore Nice, ont été lancés ces derniers jours sur les réseaux sociaux.

Éric Drouet à nouveau confronté à la justice. " Je ne peux simplement constaté que c'est l'État qui a bafoué le droit. On l'a interpellé alors qu'il circulait librement à Paris". Drouet doit être jugé en correctionnelle sur ces chefs d'accusation le 5 juin. "Néanmoins, il se trouve que cette arrestation évidemment ne crée pas un contexte favorable au grand débat qui va s'ouvrir et crée des tensions supplémentaires", a-t-elle jugé, se demandant "comment cela sera perçu par les gilets jaunes".

"Oui, vous nous blessez en paroles et vous blessez le peuple physiquement en utilisant des armes de guerre lors de manifestations pacifiques de citoyens", affirme la lettre en réponse à l'allocution du 10 décembre du président, au cours de laquelle Emmanuel Macron avait reconnu avoir "blessé" les Français. A la mobilisation de hordes de CRS et de blindés s'ajoute le lynchage pseudo-judiciaire des figures en vue du mouvement.

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