Le gouvernement britannique survit de justesse à une motion de censure

"L'enjeu était surtout de savoir combien de votes allaient manquer à la Première ministre May", a observé dans une note Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque.

L'accord de retrait du Royaume-Uni de l'Union Européenne a été rejeté mardi 15 janvier au soir par les députés de la Chambre des communes à une écrasante majorité: 432 votes contre et 202 seulement pour. Le Parlement britannique doit voter une motion de censure qui a cependant peu de chance d'être adoptée.

Ces derniers qualifient ce vote de nouvelle défaite pour Mme May, cheffe affaiblie d'un gouvernement minoritaire, et dont le parti conservateur est divisé. Le Parti travailliste de Jeremy Corbyn ne semble à ce jour guère plus uni que le parti de Theresa May. Le Conseil européen a déjà convenu que si Londres est toujours dans l'Union en juillet, la composition du Parlement sera inchangée. La date fatidique est le 29 mars prochain.

Selon le journal, Downing Street est "extrêmement préoccupé" par cette éventualité, estimant qu'elle permettrait aux parlementaires de retarder le Brexit en suspendant l'article 50 du Traité de l'UE régissant le part d'un Etat membre, voire de faire marche arrière sur le Brexit.

Leurs débats s'achèveront en fin d'après-midi avec une intervention de Theresa May. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a souligné mardi que l'accord dont n'ont pas voulu les députés britanniques était "un compromis équitable et le meilleur accord possible".

" La première ministre a dit qu'il y aurait des perturbations dans le scénario d'une absence d'accord, mais c'est pourquoi nous travaillons sur nos préparatifs d'un no deal, pour atténuer ces perturbations ", a commenté un porte-parole de M May. La motion de censure déposée par les travaillistes a été rejetée par 325 voix contre 306.

Rien n'empêche légalement le gouvernement de soumettre une nouvelle fois le même accord, encore et encore, jusqu'à ce qu'il reçoive le sceau des députés.

La sortie britannique de l'organisation européenne demeure d'actualité bien que le temps soit de plus en plus compté pour trouver une solution de nature à éviter un "no deal".

Si les députés rejettent l'accord de Theresa May, il faudra d'abord regarder l'ampleur de l'écart entre les votes pour et contre: plus il est grand, plus la Première ministre sera en position de faiblesse pour la suite. Dans cette configuration-là, il est possible qu'un deuxième référendum soit organisé, même si Jeremy Corbyn, leur leader, n'y est pas forcément favorable. Et si personne ne veut de sortie sans accord... L'ancienne cité industrielle située entre Manchester et Birmingham a voté en masse pour le Brexit le 23 juin 2016.

Le projet d'accord négocié avec Bruxelles, qui prévoit un maintien des liens commerciaux avec le continent, est contesté tant par l'opposition qui refuse de faire le moindre cadeau à la dirigeante que dans les rangs du Parti conservateur au sein duquel les plus farouches adversaires de l'Union européenne déplorent que le texte ne prévoie pas de rupture nette.

Une autre hypothèse, celle d'un deuxième référendum, a été défendue par 71 députés travaillistes dans une lettre publiée mercredi.

La fébrilité régnait également autour du Parlement, où étaient rassemblés militants pro et anti-Brexit, drapeaux du Royaume-Uni ou de l'UE à la main.

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