Theresa May survit au vote de confiance contre son gouvernement — Brexit

C'est toute la classe politique britannique qui s'écharpe et se divise, coincée par les difficultés du Brexit et le rejet, mardi soir, de l'accord négocié avec l'Union européenne.

La motion de censure déposée par les travaillistes a été rejetée par 325 voix contre 306.

La livre, qui perdait jusqu'à 1,2% face au dollar avant le résultat du vote, a brièvement porté sa perte à 1,5% avant de rebondir et se stabiliser à 1,2875 dollar, la rapidité du rebond témoignant de l'existence de grosses positions à découvert sur le marché des changes. Et son allié, le petit parti unioniste nord-irlandais DUP (dix députés), qui lui assure la majorité absolue au Parlement, ne l'a pas lâchée. Il s'agissait de la première motion de censure lancée contre un gouvernement britannique depuis 26 ans.

Au moment de renégocier, les députés conservateurs, y compris les " Brexiters " forcenés, ne se bousculent guère pour remplacer la locataire du 10 Downing Street.

L'accord de retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne a été rejeté mardi soir par les députés de la Chambre des Communes à une écrasante majorité: 432 votes contre et 202 seulement en sa faveur.

Le Premier ministre a promis par ailleurs des dispositions pour défendre les intérêts des pêcheurs français, qui seront annoncées courant février, estimant que le secteur était " susceptible d'être le plus durement impacté par cette sortie sans accord à laquelle les Britanniques ont l'air décidés de se diriger ". "Chaque entreprise aura maintenant l'impression qu'un no deal (pas d'accord) se rapproche", a déclaré Carolyn Fairbairn, patronne de la CBI, principale organisation patronale britannique.

Il est difficile de dire si un tel plan est techniquement réalisable, et s'il aurait suffisamment de soutiens pour réussir.

Le gouvernement aborde les discussions transpartisanes avec un esprit "très ouvert" mais reste déterminé dans son objectif de pouvoir mener une politique commerciale indépendante après le Brexit, a lui affirmé le président du Parti conservateur, Brandon Lewis, excluant de rester dans l'actuelle union douanière. Il est déjà trop tard pour organiser un référendum avant le 29 mars.

Theresa May, qui a prévu de s'exprimer aussitôt le résultat du vote connu, lui a rétorqué que des élections générales seraient "la pire des choses" et "renforcerait les divisions lorsque nous avons besoin d'unité". Quant à son parti, sans l'exclure, il n'a pas retenu ce choix. Une simple notification du gouvernement britannique arrêterait net le processus de divorce, mais elle paraît inconcevable sans un nouveau référendum.

Pour elle, si les Britanniques demandaient un report de l'entrée en vigueur de la sortie du Royaume-Uni de l'UE, prévue le 29 mars, il faudrait se poser la question: "pour quoi faire?".

Pour être acceptée, une telle demande suppose l'unanimité des Vingt-Sept. "On est en attente légitime d'un niveau équivalent côté britannique". En France, dont l'activité économique littorale dépend beaucoup des échanges avec le Royaume-Uni, le gouvernement a fait plusieurs annonces.

"Juridiquement et techniquement, c'est possible", affirmait sur France Inter la ministre des Affaires européennes à propos d'un éventuel report de la date du Brexit au lendemain du vote du Parlement britannique.

La France se prépare à un Brexit sans accord.

La Cour de justice des Communautés européennes a déclaré qu'il serait légal que le Royaume-Uni annule unilatéralement l'article 50 et annule le Brexit (sans la nécessité d'un accord des 27 autres). "Je pense et je redoute que nous nous dirigions sur une voie menant à un report et, probablement oui, à un second vote", a-t-il dit mercredi matin sur l'antenne de Sky News.

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