Une offensive judiciaire contre l’opposant Juan Guaido — Venezuela

Lundi dernier, un groupe d'hommes en uniforme, se présentant comme faisant partie de la Garde nationale bolivarienne (GNB), s'est retranché dans une caserne au nord de Caracas.

Le Trésor a déclaré que l'allégement des sanctions aurait lieu "à travers le transfert expéditif du contrôle au président intérimaire ou à un gouvernement ultérieur, démocratiquement élu". Le chef du REDI occidental, Fabio Zavarce, a rejeté l'ingérence internationale dans les affaires intérieures vénézuéliennes, et il réaffirmé son soutien au chef de l'État. Il propose une amnistie aux militaires rompant avec Nicolas Maduro.

Une prise de position qui diffère de celle de Jean-Luc Mélenchon qui a dit dimanche souhaiter que Nicolas Maduro "tienne". Les Etats-Unis ont déjà franchi ce pas et considèrent Juan Guaido comme président par intérim.

Le président vénézuélien a pour sa part obtenu l'appui de la Russie et de la Chine, et s'est affiché ce week-end au côté des forces armées.

Le 24 janvier, l'armée renouvelle son appui à M. Maduro.

Inflexible, le dirigeant socialiste rejette l'ultimatum des Européens et accuse les Etats-Unis d'orchestrer un coup d'Etat: "L'opposition doit ignorer les appels de l'Empire (les Etats-Unis, ndlr) qui visent à la confrontation entre frères", a-t-il tweeté mardi.

Dans cet équilibre de forces, Juan Guaido a fait un pas de plus lundi en annonçant prendre le contrôle des actifs du Venezuela à l'étranger. Le gouvernement quant à lui essaye de remobiliser sa base au nom de la lutte anti-impérialiste, alors que plusieurs millions de VénézuélienEs votent "avec leurs pieds " en quittant massivement le pays et que l'effondrement du pays s'accélère.

Paris et Berlin, membres du Conseil de sécurité, ont lancé samedi un ultimatum au président vénézuélien Nicolas Maduro, en affirmant qu'ils reconnaitraient l'opposant Juan Guaido comme "président" si des élections n'étaient pas convoquées sous "huit jours".

Plusieurs pays ont averti que le renversement du gouvernement du Venezuela créerait un précédent très dangereux pouvant être appliqué à d'autres pays à l'avenir à l'issue de leur processus électoral.

"L'Australie reconnaît et soutient le président de l'Assemblée nationale, Juan Guaidó, en tant que président par intérim, conformément à la constitution vénézuélienne et jusqu'à la tenue des élections", a souligné la ministre des Affaires étrangères australienne, Marise Payne, dans un communiqué.

Juan Guaido appelle ensuite à manifester mercredi puis samedi, à un moment où tous les regards sont tournés vers son pays, en plein naufrage économique. Il offre donc l'amnistie aux fonctionnaires et militaires acceptant de le soutenir.

Le président vénézuélien a appelé dimanche l'armée à maintenir son "unité et sa discipline" contre "la tentative de coup d'État impérialiste".

Cette position a d'ailleurs été exprimée par le président par intérim, Juan Guaido, lors d'un entretien téléphonique avec le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, M. Nasser Bourita. "Ne testez pas notre détermination", a-t-il dit, évoquant aussi un "Etat mafieux illégitime", lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité qui a duré cinq heures, convoquée à la demande des Etats-Unis, du Pérou et de la République dominicaine, et que la Russie a tenté en vain d'empêcher.

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