L'accord de Theresa May (encore) rejeté — Brexit

Les options du Brexit sans accord, d'une adhésion à l'association européenne de libre-échange (AELE) et la révocation de l'article 50 ont été rejetés catégoriquement.

"Si nous rejetons l'accord une troisième fois, il y a un risque réel que nous ne sortions jamais de l'UE", a déclaré M. Johnson, cité par le Daily Telegraph.

Les élus se prononceront à partir de 19H00 GMT sur les huit propositions sélectionnées par le président de la Chambre des communes, le "Speaker" John Bercow. Pour le convaincre d'accepter, le gouvernement a tout simplement dissocié l'Accord de retrait de la déclaration politique qui l'accompagne.

Des élections législatives peuvent être organisées à la suite du vote d'une motion de censure contre le gouvernement.

L'accord a de nouveau été rejeté.

Vendredi, elle avait rappelé que l'option "par défaut " était celle d'un Brexit sans accord ("no deal ") le 12 avril, redouté par les milieux économiques.

Si le Traité de retrait est accepté, le Royaume-Uni devrait quitter l'UE le 22 mai, conformément au délai accordé par Bruxelles.

Un argument convaincant pour ceux qui aiguisaient leurs lames depuis des semaines pour prendre sa place.

Massivement rejeté à deux reprises, le texte a récemment engrangé de nouveaux ralliements: le gouvernement britannique soumet ce vendredi aux députés, pour la troisième fois, le Traité de retrait négocié avec Bruxelles. Même chose pour l'ultralibéral Dominic Raab, ex-ministre du Brexit, ou encore l'influent brexiter Jacob Rees-Mogg.

Un total de 391 de députés avaient voté contre cet accord, tandis que 242 seulement se sont prononcés en faveur dudit texte. Des milliers de manifestants pro-Brexit, drapeaux britanniques en main, se sont rassemblés à Londres vendredi, jour où le pays était censé quitter l'UE.

Dans un éditorial, le quotidien juge que la dirigeante a fini par devenir un "obstacle" à la résolution des difficultés sur le Brexit. La crise gouvernementale bat son plein et malgré qu'une sortie sans accord soit une probabilité très réelle, nous ne pouvons pas mettre à l'écart les autres options qui restent latentes, comme un possible report du Brexit, ou la formation d'un nouveau gouvernement en vue de la faiblesse et les critiques incessantes dont Térésa May fait la cible.

Brexit: quelles conséquences pour les deux Irlande? "Un affront à la démocratie", a ajouté Jeremy Corbyn.

Mme May doit s'adresser en fin d'après-midi aux députés conservateurs, avant les votes.

En cause pour le DUP: les dispositions du "filet de sécurité" du texte, qui prévoient, en l'absence d'autre solution, le maintien du Royaume-Uni dans une union douanière avec l'UE et un alignement plus poussé de Belfast sur les normes européennes, afin d'éviter le retour d'une frontière physique sur l'île d'Irlande. Ce Parlement, où les conservateurs de Theresa May ne disposent pas d'une majorité absolue, est bloqué, si divisé qu'il n'arrive pas à s'accorder sur une position commune. "C'est pour cette raison que j'exhorte tous les députés, dans l'intérêt national, à soutenir l'accord de la Première ministre", a-t-il dit.

Pour l'analyste politique Simon Hix, le processus du Brexit est revenu "au point où nous en étions la semaine dernière: l'accord de May contre un no deal". On doit trouver une alternative.

Les députés ont déjà voté contre cette possibilité, qui leur apparaît comme un désaveu de la décision des Britanniques de sortir de l'UE lors du référendum de juin 2016, mais rien ne leur interdit de se prononcer à nouveau.

Les deux parties ont intensifié ces derniers mois leurs préparatifs face à cette éventualité.

Aussitôt le résultat du vote connu, renseigne BFMTV, le président du Conseil européen Donald Tusk a convoqué un sommet européen spécial le 10 avril, tandis que la Commission européenne a jugé qu'un Brexit sans accord était " désormais un scénario probable ".

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