Retour en images sur les dates clés de "l'enquête russe" — Rapport Mueller

Le grand paradoxe est que le procureur Mueller détaille sur des dizaines de pages dix tentatives d'entrave à ses investigations, dont quantité de mensonges et de manigances pour induire en erreur la presse et le grand public.

"Dès le début de cette enquête, nous avons dit que quoi que fassent les enquêteurs, ils ne trouveront aucune ingérence (.) car il n'y en a pas eu", a poursuivi M. Peskov, estimant que le rapport "le confirme".

En toile de fond, les démocrates, majoritaires à la Chambre des représentants mais minoritaires au Sénat, ont la possibilité d'initier une procédure d'"impeachment" contre l'occupant de la Maison blanche.

L'opposition n'a en tout cas pas attendu les conclusions du rapport Mueller pour multiplier les enquêtes parlementaires contre le président républicain et son entourage à la Chambre, où leur majorité leur donne de vastes pouvoirs d'investigation. "Si j'avais voulu virer Mueller, je n'aurais pas demandé à McGahn, de le faire, j'aurais pu le faire moi-même", a écrit le président sur Twitter. Ces éléments ne semblent pas prouver un lien entre Trump et la Russie, mais bon nombre de personnes soutiennent qu'il contenait des détails dommageables pour le président américain.

N'importe quel politicien d'un pays démocratique en conviendra: pour un chef d'État, c'est une sacrée tache au dossier.

La version publiée jeudi a en effet été expurgée de nombreuses informations confidentielles. Pas le moins du monde, répond-il aux journalistes dans les jardins de la Maison Blanche. Une demande tout à fait légitime, aux yeux du Washington Post, qui lance en titre d'un éditorial: "Désolé, M. le président, le Congrès a parfaitement le droit d'enquêter à votre propos". Cette solution a été rejetée par les ténors démocrates - un désaccord qui promet une longue bataille judiciaire.

Les autres candidats démocrates à la présidentielle évitent le sujet, certains expliquant vouloir d'abord entendre Robert Mueller, qui a été appelé à témoigner à la chambre basse en mai.

Sa voix a un énorme poids: c'est à la Chambre, où les démocrates détiennent la majorité, que reviendrait de lancer le mécanisme en vue d'une destitution. C'est la fin de ma présidence. "Oh mon Dieu. C'est terrible. Je suis foutu ", aurait réagi l'ex-magnat de l'immobilier.

"C'est la pire chasse aux sorcières de l'histoire politique américaine", a-t-il tweeté en déroulant un récit qu'il n'a cessé de reprendre depuis: l'enquête russe est une "arnaque" orchestrée par des démocrates aigris par leur défaite et des "flics véreux".

Sur les 19 candidats démocrates déclarés à la présidentielle de 2020, trois prétendants soutiennent désormais la voie de la destitution, après le ralliement annoncé par la sénatrice Kamala Harris sur le plateau de CNN lundi soir.

Lire aussi Le FBI a-t-il envisagé d'écarter Trump? D'après l'étude, 37 % des sondés approuvent l'action de Donald Trump à la Maison-Blanche, contre 40 % lors d'une enquête analogue réalisée le 15 avril.

Il existe deux manières d'appréhender le fameux rapport Mueller et ses 448 pages, annexes incluses, lourdement censurées par le procureur général des États-Unis, William Barr.

Aidez-nous à améliorer notre site en répondant à notre questionnaire. Mais le récit des relations entre le camp Trump et la Russie, tout comme les faits susceptibles de relever de l'entrave à la justice, pourraient s'avérer embarrassants dans les prochains jours.

Le document révèle aussi que M. Trump s'est dit "foutu" en apprenant la nomination d'un procureur spécial en mai 2017.

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