Theresa May va demander un nouveau report à l'UE — Brexit

L'objectif: ne pas larguer les amarres sans accord dans sept jours, le 12 avril. Il y a dix jours, l'UE avait exigé que l'accord de retrait soit approuvé par le parlement britannique avant le 29 mars pour accepter de reporter le Brexit jusqu'au 22 mai. Du côté de Bruxelles, la patience vient à manquer.

En ce début de semaine tout restait possible en matière de Brexit alors que le Premier ministre Theresa May envisageait un quatrième vote sur son accord avec l'UE déjà rejeté trois fois par la Chambre des communes. Pour éviter une sortie sans accord, les députés britanniques avaient pris le contrôle de l'agenda, mercredi 27 mars, en votant sur huit scénarios différents. 312 députés ont voté contre.

Elle a toutefois convaincu davantage de parlementaires que lors des votes précédents, signe, selon l'un de ses porte-paroles, que "nous nous dirigeons dans la bonne direction".

Mme May a déclaré vouloir assurer une approche commune du Brexit avec M. Corbyn en amont d'un sommet de l'UE la semaine prochaine, pour lequel elle a annoncé qu'elle demanderait un report de la sortie du Royaume-Uni de l'UE prévue pour le 12 avril.

"La Première ministre a déjà dit qu'elle se préparait à partir après la conclusion de la première étape du Brexit".

Et de fait, si le communiqué de Downing Street à l'issue de la rencontre "se veut raisonnablement optimiste", évoquant des pourparlers "constructifs", "chaque partie faisant preuve de flexibilité et de détermination pour faire cesser l'actuelle incertitude sur le Brexit", le compte rendu de Jeremy Corbyn est "nettement moins engageant", note Le Monde. Il a ajouté, "nous reconnaissons qu'elle a changé de position, je reconnais ma responsabilité de représenter les électeurs qui ont soutenu le Labour à la dernière élection et ceux qui ne l'ont pas soutenu mais souhaitent néanmoins certitude et sécurité pour leur avenir, et c'est sur cette base que nous la rencontrerons et aurons ces discussions. Pour explorer les aspects techniques".

Pendant cette période supplémentaire, Mme May chercherait à faire adopter les lois nécessaires avant le 23 mai, ainsi le Royaume-Uni n'aurait pas besoin de prendre part aux élections parlementaires européennes.

Mais encore faut-il que les Européens acceptent un report au-delà du 12 avril. "Celui-ci a insisté sur l'importance d'avoir un projet clair après le report". Elle prouve ainsi qu'elle est prête à tout pour trouver un accord et mettre fin à ce feuilleton qui devient de plus en plus gênant pour le Royaume-Uni. Les députés veulent aussi un long report du Brexit.

La cheffe du gouvernement espèrerait ainsi convaincre les eurosceptiques de son parti conservateur de voter pour son accord de retrait, qu'ils rejettent jusqu'à présent car ils considèrent qu'il ne coupe pas suffisamment les liens avec l'UE. "Il est certain que nous devrons trouver un arrangement sur la question douanière", a-t-il concédé. Mais le gouvernement britannique n'exclut pas de présenter à nouveau le texte au Parlement s'il estime avoir les soutiens suffisants.

L'UE a déclaré qu'elle était ouverte à l'élargissement.

"N'oublions pas d'abord que nous avons déjà un accord, et il a été conclu par Theresa May, le gouvernement britannique, le Conseil européen et le Parlement européen le 25 novembre dernier, il y a quatre mois", a rappelé Michel Barnier. Emily Thornberry, ministre fantôme des Affaires étrangères, a écrit à tous les députés travaillistes que tout pacte conclu avec May devrait inclure un vote public. "Décidez-vous et rassemblez-vous derrière un compromis sur l'union douanière qui assure la stabilité et la sécurité économiques", a-t-il dit, déplorant que le Royaume-Uni devienne actuellement la "risée" de ses partenaires européens.

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