Google coupe les ponts avec Huawei : ce que risquent les utilisateurs d'Android

Google pourra donc fournir un suivi d'Android pendant 3 mois supplémentaires et cette période peut même être reconduite au besoin. Finis le Google Play Store, Gmail, Chrome, YouTube, Google Maps... et donc fini le smartphone Huawei sous Android tel que nous le connaissons. Huawei continuera d'avoir accès à la version du système d'exploitation Android disponible via la licence Open Source, connue sous le nom de Projet Open Source Android (AOSP), qui est disponible gratuitement.

La semaine dernière, le Département du Commerce des États-Unis avait placé Huawei et 68 filiales à sa "liste des entités ".

Huawei a déjà gagné une certaine autonomie par rapport à ces deux entreprises puisqu'elle produit ses propres puces pour certains produits, mais Intel reste le fournisseur de puces et de processeurs d'ordinateurs de la marque, et Qualcomm celui d'autres types de puces pour les smartphones du constructeur chinois. Ses utilisateurs avaient aussi accès à Google Play, la plateforme qui permet aux internautes de télécharger des applications approuvées par Google pour fonctionner avec Android. Et ce mouvement ne s'est pas limité aux USA: le fabricant allemand de puces Infineon Technologies a déjà suspendu ses livraisons de composants à Huawei, tandis que d'autres entreprises de semi-conducteurs en Europe et en Asie étudient pour le moment les conséquences du décret de Trump pour leurs entreprises. " Huawei a commencé à construire son propre système d'exploitation après une enquête américaine sur Huawei et ZTE Corp en 2012", a déclaré une personne ressource au média chinois.

Mais, là-aussi, Huawei est vulnérable: il achète chaque année de l'ordre de 67 milliards de dollars d'équipements, dont 11 milliards auprès de fournisseurs américains.

Le coup est rude pour les groupes américains qui comptaient Huawei parmi leurs gros clients, mais il pourrait être fatal au géant de Shenzhen (sud).

Copyright de l'image Getty Images Image caption Huawei est victime de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine.

Huawei est depuis 2018 dans le viseur de Washington, qui dit soupçonner le groupe de permettre aux services de renseignements chinois d'utiliser son matériel pour espionner les communications sur les réseaux mobiles dans le monde.

C'est plutôt pour les prochaines générations de smartphones que la question se pose et, pour le moment, Huawei n'y apporte pas de réponse. Il faut espérer que les relations entre Google et Huawei, et, plus globalement, entre les les Etats-Unis et la Chine, se débloque rapidement pour que la situation évolue. "Mais en revanche, le système Android ne sera plus mis à jour, ce qui signifie que les vulnérabilités vont s'accumuler", explique Gérard Peliks, président de CyberEdu, association d'éducation à la cybersécurité. Elle approchait des concepteurs depuis au moins un an pour les convaincre d'offrir leurs applications sur sa boutique.

Mais ces restrictions pourraient handicaper la progression du géant chinois des télécommunications sur le marché américain et même dans le monde.

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