L'avis d'Antoine Joubert — Fusion Renault-FCA

Paris et Rome ont apporté publiquement leur soutien à ce projet.

Le conseil d'administration de Renault va se réunir dans la matinée ce lundi pour étudier cette offre de fusion avec Fiat Chrysler, a annoncé le constructeur français dans un communiqué diffusé juste après la publication de la proposition de fusion par le groupe italo-américain. Selon la proposition remise lundi par FCA à la direction de Renault, le nouvel ensemble serait détenu à 50 % par les actionnaires de FCA et à 50 % par les actionnaires de Groupe Renault. "Je demande zéro fermeture d'usines".

Le nouveau géant commercialiserait 8,7 millions de voitures par an, ce qui en ferait le numéro trois mondial - derrière Volkswagen et Toyota. Une source proche du dossier a précisé qu'aucune décision n'était attendue aujourd'hui sur la fusion elle-même: "cela va prendre des jours, voire des semaines".

Les grandes marques automobiles sont souvent considérées comme des trésors nationaux, leur sort est donc toujours très sensible sur le plan politique, d'autant plus que cette industrie demeure un pourvoyeur d'emplois de premier plan.

Fiat Chrysler (FCA), qui est en grande difficulté en Europe, est depuis plusieurs semaines au centre de rumeurs de rapprochements.

"Le point de vue de FCA, c'est que Nissan a beaucoup de pain sur la planche (.) donc ce n'est pas le moment opportun pour envisager autre chose qu'une coopération renforcée".

Bruno Le Maire a confirmé que l'État, qui détient actuellement près de 15% du capital de Renault, n'aurait plus qu'une participation d'environ 7,5% après une fusion avec Fiat.

Les dirigeants de Renault et de Nissan, Jean-Dominique Senard (à g.) et Hiroto Saikawa s'étaient déjà rencontrés le ce printemps au Japon.

Quant à Nissan et Mitsubishi, elles aussi partenaires de l'alliance Renault-Nissan, elles seraient invitées à participer aux efforts.

Avant que l'opération ne soit menée, afin d'atténuer la disparité de valeur en Bourse des deux groupes, les actionnaires de FCA recevraient un dividende de 2,5 milliards d'euros.

Dans un communiqué, les membres de l'alliance ont déclaré avoir eu "une discussion ouverte et transparente" sur le sujet.

Pourquoi Peugeot et Renault veulent-ils s'allier à Fiat Chrysler? Mais entre temps, le Financial Times, référence de la city londonienne, avait lui affirmé que Renault étudiait ce rapprochement. Les syndicats se montrent eux plus circonspects, évoquant notamment la santé de Fiat-Chrysler qui selon eux n'est pas au beau fixe. Dans le détail, Renault (avec Dacia, Lada, Samsung, Alpine) a vendu lan dernier 3,9 millions de véhicules, Nissan 5,65 millions et Mitsubishi Motors 1,22.

Mais si FCA a choisi Renault, c'est aussi dans l'espoir d'accéder aux dernières technologies de Nissan et Mitsubishi. Jusqu'en 1990, l'Etat français détenait 100% de Renault, nationalisé en 1945.

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