La fusion des deux groupes automobiles ajournée — Renault-Fiat Chrysler

Au terme de plusieurs heures de réunion mercredi soir au siège de Boulogne-Billancourt, les membres du conseil d'administration de Renault ont décidé de repousser leur décision à mardi prochain sur la proposition de fusion de FCA.

Fiat Chrysler (FCA) a annoncé, dans la nuit de mercredi à jeudi, le retrait immédiat de son offre de fusion à 30 milliards d'euros avec Renault. Le ministre souhaitait s'entretenir au préalable avec son homologue japonais afin de ne pas risquer un divorce avec Nissan, l'allié de 20 ans de Renault. Le ministre des Finances, Bruno Le Maire, avait déjà repoussé l'envelope en cherchant plus de garanties pour maintenir autant que possible l'activité future de la société en France, bien qu'il ait initialement annoncé son approbation de la transaction. "Dans le bon ordre, ça veut dire d'abord la consolidation de l'alliance, et ensuite la consolidation (avec d'autres partenaires, NDLR), et pas l'un avant l'autre, parce que sinon vous risquez que tout s'effondre comme un château de cartes". Et d'insister: "Ne lançons pas des opérations de manière bancale et précipitée".

Le rejet en avril par Nissan d'une proposition d'intégration renforcée avec Renault avait précipité les négociations franco-italiennes.

Les délégués du gouvernement et un représentant des travailleurs français étaient les seuls membres du conseil opposés à l'accord, selon le Financial Times. Si Fiat entre au capital de Renault, le poids de l'État sera dilué, Renault deviendra une entreprise internationale.

Renault ferait profiter à FCA de son avance dans les voitures électriques, dont il a été pionnier avec notamment la citadine Zoe. Lundi, le directeur général de Nissan, Hiroto Saikawa, a déclaré que la fusion nécessiterait "une revue totale des relations existant entre Nissan et Renault".

" FCA reste fermement convaincu de la logique évidente et transformante d'une proposition qui a été largement saluée depuis qu'elle a été soumise", dit le constructeur italo-américain dans un communiqué.

John Elkann le patron de Fiat-Chrysler qui proposait la botte à Renault et Nissan, est monté subitement dans les tours. Ou par cette même vente, mais à Nissan.

On peut aussi penser que dans cette affaire, le constructeur japonais a joué discrètement sa partition et profité de l'occasion pour s'affirmer au sein de l'Alliance.

Depuis une montée au capital en avril 2015 et l'entrée en vigueur de la loi Florange sur les droits de vote doubles, la France détient en effet 21,96% des droits de vote théoriques et 28,60% des droits de vote exerçables du groupe. Si Paris ne disposait pas de représentants au conseil d'administration de la firme au losange, celle-ci aurait cherché à s'implanter là où les salaires seraient moindres et où les conditions faites par les autorités locales seraient les plus intéressantes.

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