Feu vert des ambassadeurs des 27 pour lancer des négociations "intenses" — Brexit

Une décision prise à la suite du compte-rendu que venait de leur faire Michel Barnier, le négociateur en chef de l'UE.

Le Royaume-Uni et l'Union européenne sont engagées dans d'ultimes tractations pour tenter de parvenir à un accord de divorce jugé "possible" avant le 31 octobre par le ministre irlandais des Affaires étrangères.

Si Boris Johnson n'a de cesse de claironner que le Royaume-Uni quittera quoi qu'il arrive l'Union européenne au 31 octobre, une loi adoptée il y a un mois le contraint à demander un report de trois mois du Brexit en l'absence de compromis.

L'Irlande est une question clé, l'UE et le Royaume-Uni ne parvenant pas à s'accorder sur la manière d'éviter un retour à une frontière physique entre l'Irlande du Nord, une province britannique, et la République d'Irlande, qui restera membre de l'UE, et de préserver la paix sur l'île, qui a connu plusieurs décennies de violences.

Le Brexit, c'est "comme gravir une montagne". Le Premier ministre britannique a néanmoins reçu hier le soutien de Jacob Rees-Mogg, leader à la Chambre des Communes, qui, dans une tribune publiée dans le Sunday Telegraph, incitait les députés à soutenir tout nouvel accord dans la mesure où un "compromis sera inévitable".

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a beau se montrer "confiant" en la capacité du Royaume-Uni à traverser un Brexit sans accord sans encombres, son gouvernement a dû répondre mardi aux inquiétudes du Parlement sur les stocks de papier toilette.

A 17 jours de la date théorique du divorce, fixée au 31 octobre, les discussions qui vont s'enchaîner toute la semaine pourraient déterminer si le départ des Britanniques se fera de manière ordonnée, s'il se fera au contraire dans le désordre ou si le divorce sera une nouvelle fois repoussé. Sans cependant dire concrètement comment ils comptaient sortir les négociations de l'ornière. "Nous avons besoin de détermination, de vigilance et de patience", s'est contenté de déclarer Michel Barnier, après un petit-déjeuner de deux heures avec M. Barclay.

Michel Barnier a désormais cinq jours pour aboutir à un accord, sur la base de celui qu'il avait conclu avec Theresa May, la prédécesseure de Boris Johnson.

Si les propositions émises par Boris Johnson venaient à se concrétiser, elles nécessiteraient d'établir de nouveaux contrôles douaniers sur le territoire irlandais et obligeraient l'Irlande du Nord à quitter l'Union douanière européenne ainsi qu'à sortir du marché unique pour toutes les marchandises, à l'exception des denrées alimentaires et des produits industriels.

Parmi les idées évoquées pour l'avenir de l'Irlande du Nord, figure celle d'un régime hybride: celle-ci demeurerait légalement sur le même territoire douanier que la Grande-Bretagne, ce qui veut dire qu'elle bénéficierait des accord commerciaux que Londres pourrait conclure après le Brexit avec des pays tiers. "Trouver un accord est difficile mais toujours possible", a déclaré M. Barnier lors de la session plénière du Parlement européen, mercredi.

La chancelière allemande a, selon cette source, averti mardi le Premier ministre britannique qu'un accord sur le Brexit s'annonçait "extrêmement improbable" faute de nouvelles propositions de Londres sur l'Irlande.

Le président du Conseil européen pointe l'attitude de Boris Johnson en affirmant sur un ton acerbe: "Vous ne voulez pas d'accord, vous ne voulez pas de prolongation, vous ne voulez pas révoquer (le divorce), quo vadis (Où vas-tu)?"

Tout Etat membre qui, à l'inverse, s'opposerait à un nouveau report de la date du Brexit se verrait offrir une "bonne coopération".

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