Motions de censure et secousses à tous les étages — Réforme des retraites

La colère ne retombe pas. Ces deux motions seront défendues à par Damien Abad (LR) et le communiste André Chassaigne. François Ruffin considère lui que les motions, c'est "du bidon": il réclame "une dissolution de l'Assemblée nationale". Les députés LR y énumèrent leurs propositions, du report de l'âge légal à 65 ans à "l'extinction indispensable" des régimes spéciaux d'ici cinq ans. Certains partagent mon avis, d'autres suivent bec et ongles les décisions portées par le mouvement et le groupe.

Le Premier ministre a étrillé l'attitude des oppositions: " Je n'ai pas le sentiment que ce à quoi nous assistons soit ce que les Français - favorables ou non au projet de loi - attendent de leurs représentants.

Edouard Philippe est monté samedi dans l'après-midi à la tribune de la chambre basse du Parlement pour faire cette annonce surprise.

Une sur sa droite, une sur sa gauche et le même reproche d'un " fiasco ". C'est d'ailleurs l'objectif principal de ces motions de censure.

Le 49-3 "démontre l'impuissance du gouvernement à répondre aux interrogations sérieuses et légitimes des parlementaires à propos de ce projet incomplet, très approximatif, aux multiples inconnues", dénoncent les signataires du communiqué. Dans ce cas, le texte repartira, en seconde lecture, devant les sénateurs et les députés pour une adoption définitive que le gouvernement espère avant l'été.

"Ce 49.3 vous fera très certainement perdre dans un avenir proche votre majorité absolue à l'Assemblée nationale", a-t-il dit, alors que le groupe LaRem compte désormais 298 membres (contre 314 au printemps 2017), se rapprochant du seuil de la majorité absolue fixé à 289 élus. Le sénateur LREM des Bouches-du-Rhône Michel Amiel a quant à lui décidé de quitter le parti suite à cette décision. Certaines voix LREM déplorent publiquement un "échec", à l'image du député des Deux-Sèvres Aurélien Taché, ou encore sa collègue Martine Wonner, qui invite le gouvernement à "travailler autrement". "Ce recours au 49.3 peut être mal vécu ou mal compris", expliquait ainsi Fadila Khattabi dans un post facebook.

Jets d'œufs contre lacrymogènes, le meeting du 5 mars d'Edouard Philippe au Havre s'est déroulé sous cloche, dans une salle à moitié vide: selon l'équipe de campagne les militants ont été retenus par les manifestants, eux même contenus par le cordon de CRS.

Tout au long de la journée, ils ont été plusieurs milliers devant les édifices préfectoraux des principales villes de France, brandissant pancartes et scandant slogans vindicatifs comme le désormais célèbre "Macron, contre tes points on sort nos poings".

La démarche est classique quand le gouvernement fait usage de l'article 49-3 pour faire passer sans vote un projet de loi à l'Assemblée nationale.

Les syndicats et les partis de gauche affirment que la réforme affaiblirait l'État-providence français et forcerait les travailleurs à recourir aux fonds de pension privés, tandis que les partis de droite affirment que les réformes ne vont pas assez loin. Le gouvernement s'est enorgueilli d'avoir intégré dans le projet de loi 350 amendements.

Retour à l'Assemblée. L'Assemblée pourra valider sa version.

Édition: