Pourquoi l’équipe de "J’accuse" a choisi le boycott — César

Avant, l'acteur Jean-Pierre Darroussin, qui appartient à la famille d'artistes réunis autour de Robert Guédiguian, a bafouillé exprès, refusant de prononcer le nom de Polanski en ouvrant l'enveloppe de la meilleure adaptation.

"À quelques minutes de la fin de la cérémonie et après l'annonce du César de la meilleure réalisation pour Roman Polanski avec son film " J'accuse ", la comédienne Adèle Haenel a quitté la salle en colère en criant " la honte " pour cette récompense comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous... "C'est une honte" n'hésitera-t-elle pas à dire haut et fort aux autres spectateurs restés silencieux. Une soirée prestigieuse présidée par Sandrine Kiberlain et animée (pour la seconde fois) par l'humoriste Florence Foresti. "Bonne soirée!", s'est contenté de commenter l'acteur, qui incarne dans le film le lieutenant-colonel Picquart, chef des services de renseignement qui avait diffusé les preuves permettant d'innocenter le capitaine Dreyfus.

Au total, plus d'une dizaine de personnes va quitter la cérémonie prématurément.

Après l'annonce du César de la meilleure réalisation, Florence Foresti, a posté un message sur Instagram, se disant "écoeurée". Après le départ d'Adèle Haenel en pleine cérémonie, c'est un nouveau désaveu exprimé envers l'Académie des César. "Je trouve ça assez incompréhensible". Son intuition ne l'a pas trompé.

Dans un communiqué adressé à Reuters, le réalisateur franco-polonais de 86 ans dit avoir pris " avec regret " cette décision, pour ne pas affronter un tribunal d'opinion autoproclamé prêt à fouler au pied les principes de l'État de droit pour que l'irrationnel triomphe à nouveau sans partage. Ainsi France 24, dont le lobby libano-tunisien n'est plus à démontrer, a totalement zappé la consécration du film algérien aux Césars. Ironiquement, note la journaliste, Denis était celle qui a annoncé le prix de la réalisation pour Polanski sur scène, provoquant de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Auprès de Medipart ce samedi 29 février, l'actrice française s'est expliquée sur sa sortie fracassante: "Ils pensent défendre la liberté d'expression, en réalité ils défendent leur monopole de la parole". Sensation de ne pas avoir été entendues, d'avoir été méprisées, réduites au silence par le plébiscite de Roman Polanski, sacré meilleur réalisateur par l'Académie des césars. Quand on est seul contre tous, je suis toujours pour celui qui est tout seul. En réponse, Emmanuelle Seigner flingue à tout-va.et disparaît.

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