Sanders jette l'éponge, Joe Biden affrontera Donald Trump en novembre — Primaire démocrate

Joe Biden devait organiser mercredi un meeting électoral virtuel consacré à la lutte contre le coronavirus. Les cadres démocrates espèrent que cette fois, le parti fera front face à un ennemi commun: Donald Trump. Il s'engage en effet à travailler avec Joe Biden pour la conquête du pouvoir d'Etat en 2020. Pour Moustique, Emilie van Haute, directrice adjointe du Cevipol et professeure de politique américaine à l'ULB, décrypte la fin de la campagne du sénateur indépendant, son héritage et le chemin qu'il reste à parcourir à Joe Biden en ces temps incertains.

Sanders a indiqué qu'il demeurerait sur les bulletins de vote, dans le but de continuer d'accumuler les délégués lors des futurs primaires.

Car le programme centriste de Joe Biden n'est pas sur la même longueur d'onde et beaucoup de partisans de Sanders ont déjà émis nombre de réserves pour ne pas s'engager derrière celui qui est désormais le candidat démocrate. Le président actuel, Donald Trump, est républicain. "Je sais que je dois mériter vos votes". Pour l'instant les deux conventions sont maintenues, mais personne ne sait si elles pourront se dérouler dans des conditions normales. Mais je veux que vous sachiez que je vous vois, je vous entends, et je comprends l'urgence du moment.

Joe Biden s'est lui aussi immédiatement efforcé de ne pas laisser s'échapper l'électorat, souvent jeune, de Bernie Sanders, qui avait en partie fait défaut à Hillary Clinton en 2016.

Lui y a vu la main de " l'establishment " du Parti démocrate, qui les aurait " forcés " à se retirer. Biden a, de son côté, rendu hommage à Sanders, disant qu'il " a créé un mouvement ". "Et Joe Biden va devoir en tenir compte", avertit Charles Voisin sur RFI. La formule est quelque peu lapidaire dans la mesure où M. Biden est un monstre sacré de la politique qui ne se laisse guère impressionner par les provocations de Donald Trump. A l'heure où le pays est l'épicentre mondial de la pandémie, l'actuelle tempête sanitaire risque d'éclipser toutes les autres questions de campagne et transformer le scrutin en un débat à thème unique: la gestion par M. Trump de la crise du COVID-19 et ses répercussions sociales et économiques pénibles: chômage massif, entreprises au bord de la faillite, système de santé saturé, marchés financiers affolés.

Joe Biden devra être désigné officiellement candidat par le parti lors d'une convention démocrate, qui a été reportée au 17 août à cause de la pandémie. Bernie Sanders a donc préféré abandonner la course. C'est ce qu'on appelle les primaires démocrates. "Bernie Sanders a pris la bonne décision", explique Jean-Éric Branaa, maître de conférences et auteur spécialiste des États-Unis, sur l'antenne de France 24. Avant que les deux campagnes respectives ne se poursuivent plus que sur internet, pour éviter la propagation du coronavirus. Confinés, les Américains n'ont plus la tête aux primaires démocrates.

"Puis, ensemble, unis, nous avancerons pour battre Donald Trump, le président le plus dangereux de l'histoire moderne de l'Amérique", a-t-il dit. Jusqu'ici, Obama n'avait apporté son soutien à aucun.e des prétendant.e.s à l'investiture pour ne pas diviser le parti.

"Dès que je l'ai soutenu, ils sont devenus fous", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche.

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