Appels à manifester pour Alexeï Navalny malgré la menace policière — Russie

Cinq mois après son empoisonnement présumé en Sibérie et son transfert dans le coma en Allemagne, l'opposant pourfendeur de la corruption des élites avait préparé sa vidéo bien avant son retour à Moscou dimanche dernier. Ce document vidéo accuse le président Poutine de posséder secrètement un palais majestueux, au bord de la mer Noire, dans le sud de la Russie. "C'est impossible, je suis innocent".

Dans la foulée de multiples mises en garde officielles ces derniers jours pour essayer de décourager la contestation, la police russe a arrêté jeudi Lioubov Sobol, une figure montante de l'opposition et importante alliée de M. Navalny.

Selon un communiqué des forces de l'ordre, quelque 4.000 personnes y étaient rassemblées. L'opposant russe Alexei Navalny a dénoncé ce lundi une " parodie de justice " après qu'un tribunal a été convoqué lundi dans un commissariat pour se prononcer sur son placement en détention. Ils lui reprochent de ne pas s'être présenté auprès d'eux deux fois par mois, comme l'exigent les conditions d'une peine de cinq ans de prison avec sursis à laquelle il a été condamné en 2014.

En septembre, Mme Bachelet avait exigé une enquête " approfondie, transparente, indépendante et impartiale " des autorités russes sur le " crime très grave " commis contre l'opposant Alexeï Navalny.

Il est aussi visé depuis fin décembre par une nouvelle enquête pour escroquerie, car suspecté d'avoir dépensé pour son usage personnel 356 millions de roubles (3,9 millions d'euros) de dons.

Là-bas aussi, les interpellations se comptent par dizaines.

Pour sa part, le parquet de Saint-Pétersbourg a indiqué samedi soir enquêter non seulement sur des violences envers la police, mais aussi sur celles "de la part des forces chargées de faire respecter la loi ".

L'ONG OVD-Info a recensé 37 arrestations dimanche à Moscou en amont de l'arrivée du militant.

Selon Alexeï Navalny, cette propriété appartient à Vladimir Poutine et a été construite au coût de 1,3 milliard de dollars américains (ou 1,6 milliard de dollars canadiens) grâce à un système de corruption élaboré impliquant les proches du président russe. Le président du Conseil européen, Charles Michel, a dénoncé un acte "inacceptable", tandis que Jake Sullivan, futur conseiller à la sécurité intérieure de Joe Biden, a réclamé la "libération immédiate de l'opposant". Cette réponse directe du chef de l'Etat, contrastant avec son mépris habituel envers ses opposants, s'explique sans doute par le succès d'audience de la vidéo, qui a fait plus de 87 millions de vues en une semaine.

L'arrestation de l'opposant a soulevé une vague d'indignation en Occident, de l'Union Européenne (UE) aux États-Unis en passant par les pays baltes, rapporte Bloomberg.

A la mi-journée, la porte-parole d'Alexeï Navalny a diffusé pour la première fois de ses nouvelles depuis son arrestation, sur Twitter.

En 2018, les législateurs russes ont soutenu une législation visant à ériger en infraction le fait d'appeler toute personne de moins de 18 ans à assister à des manifestations de rue non autorisées, une décision que Navalny avait à l'époque déclaré conçue pour contrecarrer sa propre activité.

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